La voie antérieure est essentiellement utilisée dans le traitement chirurgical de la Hernie Discale Cervicale ou d'un Canal cervical étroit à un ou deux étages.

Parfois, on l'utilise au niveau du rachis lombaire pour la mise en place d'une prothèse discale ou en complément d'une Arthrodèse postérieure.

Rachis cervical

 

 

Toute technique par voie antérieure à travers le disque intervertébral (ablation complète du disque) nécessite un geste d'arthrodèse associée soit à l'aide d'un matériel bio-compatible ("cage intersomatique") soit à l'aide d'une greffe osseuse (le plus souvent greffon d'os iliaque prélevé sur le bassin). On y associe parfois la mise en place d'une plaque en avant des disques.

 

 

 

Nous prendrons l'exemple d'un traitement chirurgical d'une Hernie Discale Cervicale.

 

La hernie discale cervicale


 

 

Intervention chirurgicale

 
Au cours de l’intervention, vous dormirez complètement (anesthésie générale).

 

La durée de l’intervention est variable selon la technique opératoire, la complexité du geste à réaliser, et la présence de pathologies associées (canal cervical étroit, plusieurs hernies discales, …). Elle varie de 40 à 90 minutes en moyenne.

 

Les transfusions per ou post opératoire sont exceptionnelles, car le saignement lié à l’intervention est très faible.

L’intervention se déroule dans un  bloc opératoire conforme à des normes très strictes de propreté et de sécurité.

 
Afin de minimiser les risques infectieux, vous prendrez une douche bétadinée la veille et peu de temps avant l’intervention (cheveux compris), et plusieurs badigeonnages à la Bétadine  vous seront réalisés au bloc opératoire.

 

Traitement par voie antérieure, au niveau du cou:

 

Vous serez allongé sur le dos, sur une table spécifique à la chirurgie rachidienne.
Un contrôle radiographique sera effectué avant l’intervention pour centrer l’ouverture de la peau en regard du niveau lésionnel.
L’ouverture cutanée sera de quelques centimètres (environ 5 cm) au niveau du cou. 
 
 Arthrodese cervicale anterieure vue peroperatoire
Incision cutanée

 

Une fois la peau ouverte, le chirurgien  écartera le muscle sterno-cléido-mastoïdien, afin de trouver un passage entre les gros vaisseaux du cou en arrière (artère carotide externe) et le tractus aéro-digestif (œsophage et trachée) en avant. On aborde alors la face antérieure du rachis, ainsi que le disque lésé.

 

 Arthrodese cervicale anterieure vue peroperatoire
Vue durant l’intervention du disque

 

Apres avoir confirmer par une radiographie qu’il est sur le bon disque, il va pouvoir l’enlever complètement (une discectomie) à l’aide d’instruments spéciaux adaptés à ce type de chirurgie, le but étant de retirer tout le disque, et, donc la hernie discale à l’origine de la douleur.
     Arthrodese cervicale anterieure disectomie Arthrodese cervicale anterieure disectomie
Technique chirurgicale de discectomie

 

Une fois la hernie retirée, on remplace le disque par un matériel particulier, une cage intersomatique entre les 2 vertèbres qui sera rempli soit de morceaux d’os (greffon) pris ailleurs (sur la crête iliaque), soit d’os artificiels (substitut osseux). Au fil du temps, cet os se soude avec les vertèbres du dessus et du dessous et les stabilise (une arthrodèse).

 

Dans certains cas, cette greffe est renforcée par la mise en place d’une plaque vissée dans les 2 corps vertébraux.

 

    Arthrodese cervicale anterieure par cage intersomatique
Exemple de radiographie post-opératoire : cage intersomatique auto-stable..
 
 

Prothese de disque cervical

 

 On peut, dans certains cas, remplacer le disque malade par une prothèse totale de disque, permettant ainsi de conserver une mobilité à ce niveau.

Cette prothèse permet une récupération immédiate, sans immobilisation contraignante, et une reprise des activités professionnelles plus rapide.

 

 

 

 

Une cicatrice plus grande peut être réalisée en cas de nécessité de gestes complémentaires pour libérer la racine nerveuse (corporectomie, hernie discale sur 2 étages)
La fermeture de la peau se fait soit par des points séparés, par des agrafes, ou par un surjet intradermique, qu’il faudra retirer à 21 jours de l’intervention.
Un système de drainage  du site opératoire sera mis en place afin d’éviter tout hématome post opératoire. Il sera retirer le surlendemain de l’intervention.

  

Une immobilisation par un collier cervical mousse est débutée juste après l’intervention, dont la durée est variable en fonction de la technique chirurgicale utilisée.
 
Vous passerez 3 heures après l’intervention dans la salle de réveil du bloc opératoire, pour surveillance, et gestion de la douleur.

  

Les suites post-opératoires

  

Les douleurs du bras peuvent disparaître dés le réveil ou dans les jours qui suivent l’intervention. Il arrive que le nerf fasse encore mal, même  après avoir été libéré, surtout si celui-ci souffre depuis longtemps (« mémoire de la douleur »).

 
 
 
Le premier lever s’effectue dés le lendemain de la chirurgie par le kinésithérapeute de la clinique. Des malaises vagaux peuvent survenir lors des premiers levers, nécessitant un lever progressif et une position assise au bord du lit prolongée. 
 
Des troubles neurologiques moteurs (paralysie) et/ou sensitifs (région anale ou génitale) peuvent apparaître ou s’aggraver en post opératoire. Il faut prévenir rapidement l’infirmière qui en informera votre chirurgien. Cette situation très rare  fait évoquer un hématome compressif post opératoire, nécessitant une reprise chirurgicale en urgence afin de lever cette compression.
 
La durée de l’hospitalisation varie de 2 à 4 jours, avec un retour à votre domicile. Une rééducation précoce peut vous être proposée par votre chirurgien. La meilleure rééducation reste la marche à pied
 
Un rendez vous de contrôle sera organisé à 3 semaines post opératoire pour réaliser un contrôle clinique et radiologique, et débuter la rééducation.
 
La reprise du travail est à prévoir à partir de la 6eme semaine, en fonction du type de travail. En cas d’impossibilité de reprendre son activité (travailleur de force), un reclassement professionnel peut être envisagé  avec votre médecin de travail.

  

Quels sont les risques liés à une intervention chirurgicale ?

  

Toutes interventions chirurgicales présentent des risques, qui seront décrits, mais la liste est non exhaustive. Elles sont rares dans ce type d’intervention qui est une intervention courante à la clinique Geoffroy Saint Hilaire.
 
Ces risques, même rare, sont inhérents à tous les traitements chirurgicaux. Il n’existe pas de pourcentage de risque à vous donner. Ce risque est individuel, variable d’un individu à l’autre, en fonction de ses antécédents, de la lourdeur du geste à réaliser.

Tout traitement, même à l’aide de médicament comme les antalgiques, présente des risques (voire la liste des effets secondaires de vos médicaments).

L’évolution d’une hernie discale comporte elle aussi des risques en cas d’évolution prolongée, pouvant aller jusqu’à la paralysie comme nous l’avons vu.

 

Risques communs à toutes les interventions chirurgicales sur la colonne vertébrale :
 
 
Risques liés à une intervention chirurgicale de hernie discale :
Ces complications post-opératoires sont rares, nécessitent ou non une reprise chirurgicale, et peuvent être  l’origine de séquelles définitives.
 
A plus long terme, les vertèbres peuvent mal se souder entres elles (pseudarthrose).  Ce risque est plus fréquent chez les fumeurs.
 
Compte tenu de l’arthrodèse, une nouvelle hernie peut se former sur le disque sus ou sous jacent au disque opéré, compte tenu des contraintes exercée sur les disques adjacents.